Un éditeur issu de la production, un autre issu de la qualité. TOPSOLID et Ellistat travaillent sur le même terrain, l’industrie mécanique, mais sous deux angles différents. Leur rapprochement a un objectif très concret : faire passer les informations de la gamme d’usinage directement dans l’APC (Automated Process Control pour le réglage automatique des machines-outils), sans ressaisie manuelle.
Lors de la Master Class Ellistat de Septembre 2026, TOPSOLID est venu présenter son écosystème et le fonctionnement de cette intégration FAO avec ELLISTAT.
TOPSOLID en quelques repères
Un éditeur français, en direct avec ses clients
TOPSOLID est un groupe de plus de 40 ans, historiquement ancré dans la mécanique. Le développement est réalisé en France, et en France, la relation client est assurée exclusivement par des salariés TOPSOLID, sans sous-traitance. Le groupe revendique plus de 400 salariés, dont un quart dédiés à la technique et à la R&D, pour un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros consolidé en 2025.
À l’international, TOPSOLID s’appuie sur des filiales, des partenaires exclusifs et des distributeurs. En France, cinq agences commerciales couvrent le commerce, la technique, le développement et la formation, complétées par une agence purement technique à Grenoble.
Au-delà de la mécanique
Le groupe adresse plusieurs secteurs : la mécanique, l’ingénierie digitale (conception de pièces, d’assemblages, d’outillages, de moules et de machines spéciales), le métal (tôlerie, chaudronnerie, métallerie, serrurerie) et le bois (menuiserie, agencement)
TOPSOLID est également présent dans l’enseignement, avec une particularité : peu de filières généralistes, mais beaucoup de formations orientées métier, dont des établissements du bassin annécien.
Une offre centrée sur les données techniques
L’offre TopSolid s’organise autour d’un noyau : une base de données qui centralise les données techniques de l’entreprise. Pas de finance ni de RH, mais tout ce qui concerne le bureau d’études, le bureau des méthodes et l’atelier.
Autour de ce noyau :
- CAO : conception de pièces, d’assemblages et d’outillages.
- FAO : programmation fraisage, tournage, fraisage-tournage, machines multi-broches, décolletage, électroérosion et pilotage de robots d’usinage.
- Gestion numérique d’atelier : localisation des outils et des programmes, traçabilité complète du flux de fabrication, des projets aux programmes CN, des outillages aux stocks.
- Simulation ISO du code machine.
- MES : remontée d’informations en temps réel depuis les machines.
- Chiffrage à partir du modèle 3D, pour estimer plus précisément qu’à tâtons.
- Métrologie : création de rapports de contrôle, bullage de plan et import de données issues de machines tridimensionnelles.
TOPSOLID se positionne comme éditeur, pas comme distributeur. Au-delà des solutions standard proposées, TOPSOLID dispose d’un service de développement sur mesure (développement de fonctionnalités personnalisées, connexions bi-directionnelles avec des solutions tierces) et est organisme de formation certifié Qualiopi.
Pourquoi relier TopSolid et Ellistat ?
Le problème : ressaisir ce qui a déjà été programmé
Pour fonctionner, l’APC d’Ellistat doit savoir ce qui se passe sur la pièce : quelle face est usinée, avec quel outil, dans quel ordre, depuis quelle origine, sur quel posage. Sans passerelle, toutes ces informations doivent être renseignées manuellement, alors qu’elles existent déjà dans la gamme FAO.
Cette ressaisie a deux défauts : elle prend du temps, et elle introduit un risque d’erreur humaine.
La solution : exporter la gamme en un clic
Grâce au Plug-in ELLICAM intégré à TopSolid, les données de la gamme opératoire sont transférées vers Ellistat d’une simple action :
- les origines et les posages ;
- les outils et leurs jauges (correcteurs) ;
- les conditions d’usinage ;
- la chronologie des opérations.
Résultat : plus de ressaisie, un délai fortement réduit entre la programmation FAO et le paramétrage de la pièce dans l’APC, et une configuration fiable dès le départ.
Point important : l’APC n’a pas besoin de la modélisation cinématique de la machine ni de la simulation ISO. Il hérite des données topologiques de la gamme. Dès la première pièce mesurée sur la machine 3D, Ellistat sait quels correcteurs et quels outils impacter.
Un exemple concret : piloter deux correcteurs sur une même plaquette
Prenons l’usinage d’une gorge avec une plaquette dont on veut piloter les deux côtés.
Dans TopSolid, on déclare deux points pilotés sur l’outil, ce qui est de toute façon nécessaire puisque les trajectoires diffèrent. À l’export, ELLICAM transmet l’information qu’il existe deux jauges d’outil. Lors de la mesure de la gorge, ELLISTAT sait automatiquement quel flanc correspond à quel correcteur.
C’est tout l’intérêt de l’automatisation : éviter l’erreur classique où l’on palpe bien les deux flancs… mais en associant le mauvais point piloté. L’information découle directement de la programmation.
Du modèle nominal au modèle en cote moyenne
Les modèles 3D reçus des clients sont majoritairement définis à la cote nominale. Or, le programmeur doit toujours s’appuyer sur un modèle 3D aux cotes moyennes pour garantir des pièces centrées dans leurs tolérances.
TopSolid permet de s’approprier une géométrie dite “morte” et l’adaptée aux besoins de la production, même sans son historique de construction, pour la ramener en cotes moyennes.
L’ensemble des tolérances géométriques sont renseignées en natif dans TopSolid. Les trajectoires d’usinage sont ensuite générées sur ce modèle aux côtes moyennes.
Si le fichier STEP contient des annotations PMI, elles sont récupérées comme information, sans modifier automatiquement la géométrie.
Compatibilité machines : quelles limites ?
La passerelle fonctionne sur tous les types de machines programmés dans TopSolid : fraiseuses, tours, machines fraisage-tournage, décolleteuses.
La seule vraie limite vient de la commande numérique : une CN ancienne incapable de recevoir des correcteurs à distance ne pourra pas être pilotée en boucle fermée. Ce n’est pas une question de logiciel, mais de capacité de la machine.
Pourquoi c’est important
Quand une centaine de caractéristiques dépendent de plusieurs correcteurs, la matrice de correction reste simple pour un calcul informatique, mais devient vite ingérable pour un cerveau humain. Automatiser la configuration, c’est rendre l’APC viable même lorsque les nouvelles références se succèdent.
Pour les entreprises intéressées, TOPSOLID et ELLISTAT organisent des échanges tripartites afin de tester la chaîne en situation réelle, sur les pièces du client.
Conclusion
L’intégration FAO entre TopSolid et Ellistat illustre une conviction partagée : les données déjà produites en programmation ne devraient jamais être ressaisies. En transférant automatiquement origines, posages, outils et correcteurs vers l’APC, la passerelle réduit le temps de configuration, fiabilise le paramétrage et rapproche un peu plus l’atelier de la boucle fermée totalement automatisée.
FAQ
Que transfère la passerelle entre TopSolid et Ellistat ?
Les origines, posages, outils, jauges outils, conditions d’usinage et la chronologie des opérations de la gamme FAO, pour configurer automatiquement l’APC.
Faut-il modéliser la machine dans TopSolid pour utiliser l’APC ?
Non. L’APC n’utilise pas la simulation cinématique : il s’appuie sur les données topologiques de la gamme.
La passerelle fonctionne-t-elle sur toutes les machines ?
Sur tous les types de machines programmées dans TopSolid (fraisage, tournage, fraisage-tournage, décolletage), à condition que la commande numérique accepte la modification des correcteurs à distance.
L’APC peut-il corriger directement les trajectoires FAO ?
Pas aujourd’hui. Les corrections portent sur les correcteurs machine et outils. La correction de défauts géométriques locaux par modification des trajectoires n’existe pas encore.



